Workaholic

Bourreau du travail

Source : https://www.santemagazine.fr/sante/addictions/work-addict-pourquoi-certains-sont-ils-accros-au-travail-174352

  • Travailler pour ne pas penser à ses émotions ?
  • Le besoin d’être quelqu’un ?
  • Un risque d’isolement ?
  • Un risque de burnout ?

Work addict = Accro au travail

Pour certaines personnes, le travail est un euphorisant. Mais où s’arrête le plaisir qu’elles en retirent, et où commence la souffrance ? Que cache l’addiction au travail ? Réponses de psys.

On peut travailler beaucoup, et même beaucoup plus que les autres, et, le vivre bien. Parce que c’est un choix, qu’on y prend du plaisir, qu’on en tire de la satisfaction, voire une certaine fierté. Mais s’investir à fond dans son travail ne fait pas forcément de nous un ou une “work addict”.

Car oui, on peut être “accro” au travail, comme on l’est de l’alcool, du tabac, de la cocaïne : « Et bien que nous ne disposions d’aucunes données épidémiologiques sur la fréquence de cette addiction, nous en voyons de plus en plus dans nos consultations », constate le Pr Michel Lejoyeux, chef du service de psychiatrie et d’addictologie à l’hôpital Bichat (AP-HP, Paris).

Travailler pour ne pas penser à ses émotions

Comme toute dépendance, celle au travail se caractérise par une difficulté à “décrocher” : on se sent mal quand on arrête, on y pense sans arrêt, même quand on se consacre à autre chose ; on n’arrive pas à faire de vraies coupures, même le soir, le week-end, pendant les vacances ; on ne peut pas faire un pas sans son portable, ni passer quelques heures sans consulter ses mails.

Assez révélateurs également : « Un travail de moins en moins efficace et productif malgré le temps et les efforts qu’on lui “sacrifie”, des reproches répétés de la famille, une vie sociale qui s’appauvrit, une santé que l’on néglige », cite le Pr Lejoyeux. Quand on lui demande ce que peut traduire ce comportement, il répond :

« On retrouve chez ces personnes une faible image de soi qui les pousse à en faire toujours plus pour prouver qu’elles méritent leur salaire et leur statut social. Et puis aussi une angoisse à être seules avec elles-mêmes : elles se concentrent sur le travail pour ne pas penser à leurs émotions. »

Le besoin d’être quelqu’un

Une analyse que partage Anne Chimchirian, psychologue clinicienne, qui complète :

« Dans ma pratique, j’ai noté chez beaucoup d’entre elles un besoin quasi obsessionnel de se sentir avoir une place et, en l’occurrence, le travail est le seul endroit où elles ont l’impression d’être quelqu’un. »

Autre point commun : une tendance à vouloir contrôler

« Non seulement au travail, ce qui explique qu’elles occupent souvent des postes à hautes responsabilités et qu’elles aient du mal à déléguer, mais aussi dans leurs relations amicales, familiales, voire conjugales », approuve Anne Chimchirian.

Un risque d’isolement

« Si le surinvestissement professionnel n’est pas une fuite mais qu’il est pleinement décidé, dans l’idée par exemple de mettre sa carrière en avant, qu’il rend plutôt heureux et ne se chronicise pas, et si l’on sait aussi se rendre disponible pour sa famille, ses amis, des loisirs, je ne pense pas qu’il y ait matière à s’inquiéter », rassure Anne Chimchirian.

Reste qu’il n’est pas si facile de détecter le moment où l’on bascule dans la vraie dépendance, où l’on passe du plaisir à la souffrance. D’une part parce que le glissement est en général progressif, d’autre part, parce que les personnes n’en sont pas forcément conscientes :

« Quand elles viennent me voir, a remarqué le Pr Lejoyeux, ce n’est pas sous ce motif, mais parce qu’elles ont développé une autre addiction, notamment à l’alcool, ou qu’elles présentent une dépression. »

Un risque de burn out

À trop tirer sur la corde, les conséquences peuvent être très lourdes :

« Le risque est de se retrouver isolé, de sa famille, de ses amis, de ses collègues, et ainsi de ne plus avoir quelqu’un d’objectif autour de soi pour nous aider à repérer nos excès et nos difficultés », alerte Anne Chimchirian.

Sans parler du fameux syndrome d’épuisement professionnel : « Bien que tous les “work-addict” ne basculent pas dans le burn out, ils ont un profil qui les y expose, confirme le Dr François Baumann, spécialiste de ce problème. Souffrir de maux de tête, de troubles digestifs, d’une fatigue anormale, pleurer sans raison ou partir dans des colères excessives, sont des signes qui doivent alerter. »

Deux livres utiles :

  • L’après burn out, Dr François Baumann, 17 €, éd. Josette Lyon.
  • Réveillez vos désirs, Pr Michel Lejoyeux, 6,30 €, éd. Le Livre de Poche.
Diane
Diane

Ma passion, la relation d'aide. On m'a souvent appelé une guérisseuse d'âme. Vous êtes une multi-potentialités. Alors, de quoi avez-vous besoin ? Comment puis-je vous aider ?